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LES ECRITS DE TOROSSIAN

Des œuvres de Raphaël aux boîtes d’excréments

L’expérience, l’aventure de la “peinture moderne” depuis la création de l’appareil photographique, n’a cessé de produire mille sortes d’œuvres, alors que l’art est unique.
Si l’impressionnisme est le fruit de la fabrication des couleurs en tubes, et le cubisme, des formes cubiques de Cézanne, nous sommes toujours dans le domaine des couleurs pour le premier, et des formes pour le second. Mais aujourd’hui il y a des boîtes de “merdi artisti”, vendues à des prix exorbitants, qui n’ont rien à voir ni avec l’art moderne ni avec l’art en général. Elles remplissent simplement les poches des marchands de tableaux, des experts, et sont exposées dans les musées. Toutes ces obscénités ne peuvent que nous donner la nausée; et des raisons de nous attacher à des valeurs éternelles, qui sont dans la nature et chez l’être humain. Comment, durant presque quatre cents ans , du quoattrocento au romantisme, les artistes ont-ils travaillé avec la même technique? Manquaient-ils de génie de recherche?
En nos temps modernes, toutes sortes d’absurdités sont permises au nom de l’art, et les peintres inventent chaque mois, chaque jour de nouvelles techniques, pour faire rire le public des snobs… et devenir célèbres, riches.
Tant que l’homme aime et meurt, rien ne change dans sa nature, et la création est le seul moyen de lui procurer quelques joies.
Torossian, 3 Avril 2002

Quand le nu devient nuage...

À travers les quarante œuvres que j’expose ici, toutes des Nus, le visiteur averti trouvera, en partant d’un nu figuratif, les anneaux d’une même chaîne, qui, passant par des déformations successives, aboutit à une abstraction totale.
C’est la logique de toute entreprise artistique. L’artiste travaille sur une forme durant des années, elle devient autre chose que ce qu’elle était au départ. C’est cette évolution que le visiteur verra à travers le parcours de l’exposition.
Mais là se pose un problème important: l’artiste est-il en train de créer ou d’expérimenter des essais? Je répondrai: les deux à la fois, à condition que chaque étude, chaque essai aboutisse à une expression et qu’il devienne une fin en soi.
En tant que chercheur, l’artiste ne saura jamais, peut-être, si son labeur va aboutir au succès. C’est le temps, juge sévère et impartial, qui aura le dernier mot à dire à ce sujet.

Torossian
1998

Quand j’entends parler de portrait, je pense tout de suite à ceux des tombeaux du Fayoum, qui demeurent une des plus riches expressions de l’Art, aussi beaux que ceux de Raphaël, de Rembrandt, d’Ingres, etc., ...
Ces visages de Fayoum, qui nous traversent l’âme, rien ne peut les éclipser, car ils sont au-delà de la Peinture. Ces yeux nous arrêtent et nous communiquent leur mystère le plus profond; ils vivent devant nous, mais, traversés d’un souffle spirituel, restent ailleurs.

Torossian

Durant notre enseignement, notre souci principal est de préserver la personnalité de chacun

La peinture n’est pas une mode.

La peinture est destinée à l’oeil. Elle n’a pas besoin d’être expliquée. Je voudrais dire tout de même que la formation d’un peintre commence par le dessin, comme celle du musicien par le solfège.
Actuellement un peintre peut être formé dans une académie des beaux-arts, chez un maître ou dans un atelier libre, tel que notre atelier.
La peinture n’est pas une mode, les progrès de la science et de la technologie ne peuvent changer le cours de l’art, qui explore l’univers sensible de l’être humain; par contre ils peuvent être bénéfiques.
Tant qu’il y aura l’amour, la mort et la lumière, l’art sera le seul moyen pour exprimer la souffrance et la joie de l’homme!
Notre simple désir est d’avoir une vision nouvelle, une approche différente du monde sensible.
Regardons Leonardo Da Vinci qui était le plus abstrait des abstraits, regardons aussi Rubens, Vermeer, Goya, Renoir, Van Gogh ou Morandi; nous constaterons qu’il n’ont pas d’autre source que la divine nature et ses lois éternelles.
Nous croyons en la divine nature, dans sa poésie et nous travaillons pour en tirer quelque moment de bonheur.

Torossian
Le 10 Octobre 2000, Beyrouth

 

“Réflexions sur l’art et la vie” (Journal, édité en 1995, Beyrouth)
L’art des pierres tombales plates” (Périodique Haigazian, 1981-1982)
“La naissance des pierres tombales plates et leur développement” (Périodique Hask, 2007, Antélias)
“L’art n’est pas une mode” (Catalogue de l’exposition de ses élèves)
“Des tableaux de Raphaël aux boîtes d’excréments” (Catalogue de l’exposition de ses élèves)
“Impressions sur la Pieta de Michel Ange” à St. Pierre de Rome
“Le Musée du Louvre”
“Le portrait de Baltasar Castiglione de Raphaël au Louvre”
“Un beau livre sur Halim Jurdack”
“L’art et la terre”
“Quand le nu devient nuage”
“La femme dans l’histoire de l’art”
“Une belle étude sur l’œuvre d’Assadour”
“Les cent estampes de Hiroshig”
“Les dernières lettres de Vincent Van Gogh”
“Les massacres des Chios de Delacroix au Louvre”
“De mon point de vue” (articles parus dans la presse)

 


     
 
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