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La couleur à l'ombre de la courbe
Mirèse Akar

Ce qui prend et attache dans l'art de Torossian, c'est la curieuse alliance d'une gaieté foncière avec le «sérieux» d'une recherche exacerbée mais dont – habileté ou candeur? – les tenants et aboutissants se perdent dans les jeux de surface immédiatement offerts. Il faut donc aller d'abord au plus pressé, à ce qui se montre avec le plus de voyante impatience: les couleurs. Là, parce qu'il se connaît virtuose et charmeur, Torossian s'octroie des extravagances délicieuses. N'ayant jamais consenti à traiter avec des teintes stridentes ou corrompues, il travaille aujourd'hui encore dans un registre de délicatesse. Ainsi, les folles rencontres du rose et du jaune, du vert et du mauve... restent-elles empreintes d'une sorte d'ingénuité. Aux joliesses et aux séductions sans contrainte répond, dans les volumes – et c'est le deuxième temps pour la découverte de l'œuvre – une forte sensualité. La couleur s'abrite à l'ombre de la courbe qui représente véritablement ici le chemin le plus court d'un point à un autre. L'ellipse, dans ses deux acceptions – syntaxe économe ou ligne ronde et généreuse – trouverait dans cette peinture une définition unique, d'une paradoxale originalité.

Aucune afféterie dans tout cela: on voit rarement des choses aussi complexes racontées avec tant d'aisance et de maîtrise. Torossian compte, à n'en pas douter, pour un de nos très grands peintres.

Mirèse Akar «l'Orient»,
Mai 1967

 


     
 
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