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Torossian
Marcel Zahar

Pendant huit ans, installé à Paris et visitant les musées d’Europe, Torossian étudia, observa, entendit bien des discours, et amorça son œuvre. Il fit aussi quelque chose d’assez remarquable pour un jeune homme précipité tout neuf de sa terre natale dans l’ambiance trépidante, exaltante, voire hallucinante d’une capitale des arts en notre temps: il resta intact d’esprit et d’âme. Son instinct et ses goûts l’empêchaient d’adhérer aux systèmes de l’absurde qui sont présentés par d’illustres docteurs. Maintenant il revient au Liban. Du combat des idées il est sorti indemne. Il est toujours Torossian, plus riche d’expérience artistique et n’ayant rien perdu des vertus méditerranéennes de son origine.
Torossian est un timide, et encore un scrupuleux, un modeste. Les gens tels que lui ne foncent que dans le silence et la méditation. Son art commence comme un murmure. C’est un chuchotement mystique. Du tableau, en sourdine, naît une prière de gestes. Les gestes me touchent par leur douce piété: ils me paraissent extrêmement éloquents malgré leur imprécision due à l’épaisseur du brouillard des rêves qui les enveloppe. J’ai confiance, Torossian dégagera par degrés, les valeurs et les formes en dissipant l’excès des brumes qui l’empêchent lui-même de considérer fermement le motif de son idéal. Et si cela advient, la peinture du sacré sera noblement servie par un artiste de pureté–elle en a bien besoin de nos jours.

Marcel Zahar
Paris, Août 1963

 


     
 
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